Delphine's profile(¯`·. Le blog d'un papil...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
La mort en flirtLes heures, les minutes et les secondes défilent et pourtant je viens de perdre toute notion du temps,mon cerveau catapulté par un douloureux instant vers un univers que j'ignorais jusqu'à présent.Je me retrouve là avec mes pensées les plus obscures,je me découvre et apprend la souffrance à l'état pur.J'ai jusqu'à aujourd'hui cru connaitre le sentiment de terreur,le monde de la douleur et je réalise dans quelle utopie je vivais durant les trente trois dernières années de ma vie.
16h34, 02/01/2007,la pendule ne se plante pas,la mort a tardé à venir frapper,je l'ai vue se diriger sans être vraiment pressée vers cet homme là qui agonisait dans sa tenue blanche,une dose d'oxygène dans les narines,une perf au gout de glucose, une autre qui lui envoyait du chlorure de sodium sans oublier cette machine à la couleur verte qui lui injectait sa dose de morphine.Il a même eu droit à la sonde, autant finir avec des blessures profondes,la mort s'est bien foutu de sa gueule en lui infligeant un tel départ vers cet autre monde.
Je fus la première arrivée dans cette chambre, la dernière au fond du couloir, les futurs cadavres on les parque pour ne pas oter aux autres malades tout futur espoir, chambre 630,j'entre et je comprend que ç'est ton dernier jour dans le monde des vivants.Je reste seule une heure auprès de toi, à regarder ta future dépouille lutter contre je ne sais quoi, le médecin passe pour me parler,j'écoute ses paroles avec plein d'émoi,quelques minutes plus tôt l'infirmière m'avoue avoir senti chez moi une grande sensibilité et craint de me laisser seule dans un tel moment de pseudo lucidité.Et puis deux autres de tes petits enfants arrivent,pour eux aussi l'épreuve n'est pas facile.Ta respiration est de plus en plus difficile,quand ton coeur s'arrete le mien est en apné,quand il repart j'ai de nouveau une larme d'espoir.Je te vois lutter mais jamais je n'aurais pensé que tu etais un tel guerrier,tu as poussé ta force à l'extrème car deux personnes manquaient à l'appel,elles n'ont pas tardé:ç'était tes gosses...tes deux garçons...
Quand tout le monde fut là,tu as décidé de baisser le rideau:le dernier acte venait de se terminer sous les bravos:pépé tu es en parti en héro!
Je t'ai tenu la main avec ton autre petite fille, on voulait que tu sentes notre amour, celui qui brille, celui qui est si beau quand tout est vrai.
Le dernier souffle est arrivé,cette vision là venait de s'imprimer dans mon cervelet,ma tête est fracassée,mon coeur est brisé:je viens de perdre l'un de mes deux piliers.
Je suis restée là de longues minutes, la tête penchée sur les barres de ton lit médicalisé,je souffrais mais je t'admirais,cet instant là jamais je ne l'oublierai.Nous ne pouvons pas vivre avec nos morts alors il faut quitter la chambre, j'en profite une dernière fois pour déposer un baiser sur ta joue droite car celle de gauche venait de se creuser:la mort grapille, la mort gaspille,elle venait de commencer son festin,celui qui rime avec zéro lendemain.Ce baiser je l'ai accompagné d'une dernière caresse sur ton visage,j'ai la rage, je ne suis pas prete pour ce putain de virage mais je m'entraine pour communiquer avec toi depuis ton nuage.
Je tremble, je pleure,je ne maitrise plus rien,mes yeux coulent à torrents et pourtant je ne suis pas fan de la rivière mais plutot de l'océan.
J'apprend à trente trois ans la signification du manque,du vide,je cotoie l'abîme,tout le monde est conscient du lien qui nous unissait,un amour particulier grâce auquel j'ai su bien avancer durant mes trente trois dernières années.
Au revoir monsieur l'Artiste, t'avais une gueule à part, ton prénom ç'était Florentin mais les gens t'appelaient Tintin,t'étais connu comme le loup blanc,chacun te voyant comme un homme des plus pittoresques,chacun ayant le sourire à la vue de ce bonhomme hors du commun.
La mort t'a nargué mais tu as su d'elle te moquer attendant si tragiquement que nous soyons tous présents pour ton dernier instant.
Une partie de moi s'est arretée de vivre mais elle ne cessera d'aimer cet homme au beret,cet homme qui m'a tant offert par le passé,ç'est promi pépé je vais essayer de m'alimenter pour que tu sois fier là haut de cet enfant qui n'est autre que le ciment d'un amour si grand.
Chapeau bas Monsieur....Mais que vais je devenir sans toi dans ce monde soudain si ténébreux?
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